Une usine de transformation des déchets des cuirs tannés en fertilisants agricoles sera lancée à fin 2019, selon le directeur de ce projet relevant de la société publique Algérienne des cuirs et dérivés (ACED), M. Nasser Lazirou. Une des particularités de cette future usine est qu’elle traitera même les 100.000 tonnes de déchets des cuirs cumulés et stockés depuis 21 ans au sein des cinq (5) unités de production de cuir de la société ACED, et ce, en plus des nouveaux déchets générés par ces même unités s’élevant à 7.500 tonnes annuellement.

Dans ce sens, il avance que même le secteur privé de production en cuir, qui représente 60% du marché national, pourrait approvisionner cette usine par les déchets engendrés par les sociétés privées intéressées. D’un investissement de 610 millions de dinars, l’usine sera installée au niveau de la zone industrielle de Rouiba.

Il s’agit d’un projet à valeur environnementale sous deux aspects, selon les explications du directeur du projet. En effet, outre la mise en valeur des déchets du cuir et sa contribution dans l’augmentation de la production locale des engrais pour satisfaire la demande du secteur agricole, une telle usine permettra de résoudre un « énorme problème écologique » du fait que ces déchets de cuir contiennent du chrome utilisé dans les produits de traitement et de tannage des peaux brutes (ovines, bovines et caprines), avance le même responsable.

Ainsi, cette future usine va utiliser un nouveau process technologique consistant à la fois à éliminer le chrome, sans incidence environnementale, et à transformer les déchets, ainsi débarrassés du chrome, en fertilisants organiques bio, précise-t-il.

Selon M. Lazirou, une fois que cette usine entrera dans sa phase de production en 2019, un partenaire pourrait s’associer à ce projet à travers une prise de participation dans cette unité.

« Nous souhaitons trouver un partenaire public ou privé spécialisé dans le domaine de production des fertilisants et auquel on souhaiterait confier la gestion de l’usine, du fait que la société ACED, dont la vocation est la production du cuir, n’est pas spécialisés dans les fertilisants », explique-t-il.