« Notre principale préoccupation est la disponibilité de la matière première », déplore Mohamed Himrane, PDG de l’entreprise publique économique Bejaïa Liège
Le souci de l’entreprise, quelques années plus tôt, était plutôt d’écouler sa production, à cause d’une faible visibilité sur le marché et tant la concurrence des isolants synthétiques était rude, avec des prix inférieurs  d’un tiers par rapport au produit commercialisé par Bejaia Liège.

Les choses ont évolué, grâce à un effort marketing et médiatique qui a fini par donner ses fruits. La production a ainsi progressé, en volume, de 1482 m3 en 2014, à 2633 m3 en 2015 et à 3381 m3 en 2016 avec des valeurs respectives de 15.803 KDA, 31.428 KDA et 47.948 KDA. Au premier semestre 2017 l’entreprise a produit 1.600 m3 (ou 40.000 m2) pour une valeur de 22,206 millions de dinars.
Bejaia Liège fournit le marché national, mais place également ses produits à l’étranger. Durant les six derniers mois, elle a réalisé des expéditions vers l’Italie et l’Arabie saoudite, tout en ayant dans sa mire le Vietnam. L’an passé, l’entreprise a exporté vers l’Italie, la France, l’Espagne et le Koweit.
Spécialisée dans la fabrication de panneaux d’isolation en liège aggloméré noir expansé pur, a une capacité de production de 6.200 m3/an et une consommation en liège brut de 15.000 quintaux/an. Elle emploie actuellement un effectif d’une cinquantaine d’agents. Son produit, totalement écologique, constitue un atout dans l’économie de l’énergie et dans l’efficacité énergétique dans le bâtiment. Pour répondre aux exigences de qualité de ses clients, l’entreprise a rénové ses équipements, à l’instar des autoclaves et du broyeur, et a acquis une nouvelle chaudière et une scie de découpe plus performante.
Toutefois, l’insuffisance de l’offre de liège de trituration adéquat à la fabrication des panneaux d’isolation, avec une moyenne de 6.600 quintaux pour des besoins d’environs 12.000 quintaux, menace l’entreprise de sous activité et se traduit par une baisse de la production.
« L’entreprise a parfois été obligée d’acheter des lièges de reproduction, qui sont très chers, pour maintenir son niveau d’activité », regrette ainsi son manager qui précise qu’une telle voie ne peut financièrement pas être envisagée.
Comme issue de secours, Bejaia Liège explore le créneau de la prestation, pour des opérateurs privés disposant de la matière première mais pas d’installations pour sa  valorisation, et se tient à l’affût de toute opportunité d’association ou de partenariat.
« La demande du marché est aujourd’hui en augmentation constante, affirme Mohamed Himrane, car les clients sont de plus en plus nombreux à rechercher des produits écologiques et économes sur le plan de la consommation énergétique ».
Le marché exprime ainsi des besoins annuels estimés à 30.000 m3. Le marché extérieur est demandeur de 12.000 m3 par an. La production nationale, toutefois, n’est que de 8.000 m3/an. C’est dire qu’il y a encore beaucoup de marge pour les producteurs. Le PDG de Bejaia Liège affirme encore que « la part de marché que couvrent les filiales liège et les unités de polystyrène est estimée à 5.000 logements par an, alors que l’objectif arrêté par les pouvoirs publics est de 100.000 logements ».
Pour Mohamed Himrane, une première mesure à ce manque de matière première serait de prohiber l’exportation de liège à l’état brut, à laquelle s’adonnent certains opérateurs, mais la solution pérenne, estime-t-il, réside dans la mise en place d’une stratégie de préservation et de développement de la suberaie, qui permettra de fournir les entreprises de transformation en matière première en des quantités suffisantes pour répondre à la demande. Ce serait d’ailleurs, ajoute-t-il, une bonne voie pour la création d’emplois dans les zones montagneuses qui fournissent cette précieuse ressource.
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