L’enfer est pavé de bonnes intentions, dit le proverbe ! Il a suffit d’une simple décision administration, la mise en place de licences pour l’importation des différents intrants pour l’alimentation de bétail, avec comme objectif de mieux réguler l’activité et, bien entendu, réduire la facture en devises en ces temps de vaches maigres, pour que la filière élevage soit mise à nu, révélant son extrême fragilité.

Ainsi, il suffit que survienne une rupture des approvisionnements en matières premières, pour que tout l’édifice menace d’écroulement, emportant dans la destruction les unités de transformation et les unités d’élevage qui en dépendent. Avec comme conséquences désastreuses la pertes de milliers d’emplois suite à la faillite des producteurs et un stress fatal pour le consommateur face à une offre drastiquement rétrécie.
Heureusement, nous n’en sommes pas encore là, même si les perturbations enregistrées actuellement rendent ce scénario infernal bel et bien probable. Cela doit d’abord servir de leçon à ces « planificateurs » d’une économie où, il faut bien qu’ils finissent par l’admettre, ils ne sont plus les seuls acteurs et encore moins les vrais acteurs !
Cela ne signifie pas, bien entendu, leur livrer pieds et poings liés toute la décision économique. Mais l’intelligence est de mise. Si les importateurs privés veulent importer qu’ils le fassent en toute liberté, le marché se chargera du reste. Si l’Etat veut être plus regardant sur ses sous, c’est son droit et même son devoir. Qu’il ordonne donc à ses banques de ne pas financer des opérations commerciales qui affectent sa trésorerie. Les importateurs n’ont qu’à importer avec leur propre argent. Et ils en ont certainement accumulé suffisamment pour pouvoir le faire à leurs risques.
Mais cela n’est certes pas suffisant. Au-delà de cet épisode rocambolesque où s’amalgament et s’affrontent des intérêts contradictoires, quelquefois peu avouables, la vraie problématique à travailler sérieusement est de trouver les moyens de mettre à l’abri des aléas de ce genre ce pan névralgique de l’économie. Cela vaut bien entendu pour toutes les filières qui vivent dangereusement des importations. Ce genre d’addiction est insoutenable.
Pour revenir à la filière élevage, le ministère de l’agriculture, qui a jusqu’ici dormi sur ses lauriers en se prévalant des progrès accomplis, fictifs finalement car reposant uniquement sur le dernier segment de la chaîne de production, doit se réveiller et s’atteler à développer la production de la matière première. C’est sa mission fondamentale qu’il a, jusqu’ici, perdue de vue dans son insouciance.