Laâlam a célébré mardi  passé un évènement, la fête de la prune, devenu traditionnel dans la vie du village, réputé pour la production et la qualité de ce fruit qui l’a sorti de l’anonymat et lui a donné une identité à même de propulser son développement.
Organisé à l’initiative de l’association Assirem Gouraya de Bejaïa, avec l’aide d’associations locales, cette manifestation autant festive , qui en est à sa troisième édition, a regroupé les arboriculteurs qui ont exposé le fruit de leur labeur, ainsi que les autorités locales et institutionnels, dans l’optique de faire connaître davantage les fortes potentialités de la région en matière de production de prunes et sensibiliser pour que les services de soutien apportent leur contribution à l’encouragement des producteurs et à la résolution des difficultés qu’ils confrontent.

De l’avis unanime des producteurs, la récolte de cette année a été des plus abondante, contrairement à l’année précédente, peu favorisée par les conditions climatiques. La cueillette va encore bon train et, comme devait le souligner Dahia Chérif, producteur, la commercialisation de la prune de Laalam ne pose aucun problème. « Nous envoyons environ 15 camions par jour, le dernier chargé d’une quarantaine de quintaux, sur le marché de Chelghoum Laïd. Nous en tirons un bon prix et la prune de Laalam est écoulé avant celles de Skikda, Jijel, Boumerdès, Guelma ou d’une autre wilaya, grâce à sa qualité gustative ».
Si les producteurs de la région peuvent enfin ressentir de la fierté mérité que leur confère les résultats de leur labeur, cela n’éloigne pas pour autant les inquiétudes qu’ils ressentent pour l’avenir de leurs exploitations. Le problème le plus épineux auquel ils voudraient que les autorités apporte solution est la mobilisation de l’eau d’irrigation. La disponibilité de cette ressource ne pose pas problème. Elle existe à profusion, comme en témoigne les eaux qui coulent impétueuses et limpides dans le torrents en contrebas. Mais il faut des moyens pour la mobiliser et la faire parvenir jusqu’aux exploitations qui fait défaut, explique Dahia Chérif qui relève que « la production pourrait être bien plus importante si nous pouvions irriguer convenablement nos fruitiers ». Il ajoute que les arboriculteurs de la région possèdent le savoir faire nécessaire dans cette spéculation agricole, qui leur permettra certainement d’accroître leur production et leur gain, indiquant qu’un producteur moyen tire aujourd’hui un revenu de 60 à 70 millions de centimes de son exploitation. Outre le problème de l’irrigation qui bride leurs ambitions, les producteurs de prunes éprouvent également des difficultés à évacuer leur production, dont une bonne partie s’en trouve gâchée, à cause de l’enclavement de leurs exploitations. Une piste agricole pourrait leur ôter cette épine du pied, mais pour l’heure ils ne voient rien venir, en dépit de multiples promesses.
Houari, également producteur de prunes, se désole d’avoir quasiment perdu ses pruniers, Nacer « Systeme » nous montre les fruits qui pourrissent sur le sol et Cherif se plaint qu’il soit obligé d’abandonner quatre hectares à la jachère.
Une petite lueur d’espoir, peut être, en ce jour de fête ? Le Directeur des services agricoles, Laib Mekhlouf, a promis l’organisation d’une journée d’études ce mois de juillet courant pour trouver des solutions à ces préoccupations et débattre du développement de cette arboriculture, notamment la transformation pour mieux la valoriser d’une partie de la production de prunes. Un producteur a d’ailleurs proposer à dégustation un jus de prunes et Nasser « Système » une confiture de prunes à délicieusement étaler sur ses tartines.
A Laalam, comme dans tous les villages environnants, il n’y a pas que la production de prunes à en souffrir. Ici, pourtant, l’activité agricole est encore vivace et  divers légumes ornent les vergers : tomate, courgette et citrouille, maïs, piment, mais aussi la pomme de terre et  haricot vert qui donnent des rendements appréciables et des produits de qualité. Certainement, la population de la région  pourrait vivre de son agriculture et apporter positivement sa contribution à approvisionner les marchés de Bejaia et des wilayas environnantes. L’eco-tourisme pourrait constituer également un créneau d’activité prometteur au regard des potentialités présentes. outre l’exposition de produits du terroir, le concours culinaire et celui de dessins pour enfants, l’association Assirem Gouraya a, en effet, dans ce cadre, organisé une magnifique randonnée canyon qui restera dans les mémoires des participants, selon leur unanime avis.