Jeudi passé, revendiquant la fermeture d’une décharge dont ils ne pouvaient plus supporter les nuisances, certains citoyens ont recouru comme à l’habitude dans la wilaya de Bejaia, à la fermeture de la route qui relie Sidi Aich à Chemini. Pendant de longues heures, malgré les efforts d’un chef de daïra qui s’est déplacé pour négocier avec les protestants, ces derniers n’ont consenti à libérer la route que vers 13 heures. Les citoyens bloqués toute une matinée, dans un sens ou dans l’autre, ont du prendre leur mal en patience quand ils ne pouvaient recourir à quelque débrouille.

A l’arrêt des bus destination Chemini, où aucune commodité n’existe, ce fut un moment de pure souffrance pour les personnes âgées et les enfants, pour les malades et les gens pressés par quelque affaire urgente. Mais qui s’en soucie ?
Certainement pas les auteurs de ses protestations, dont les méthodes tapent sérieusement sur les nerfs du commun des mortels, car il n’y a que lui qui trinque dans l’affaire. Parce qu’avoir raison n’est pas une raison suffisante pour faire du tort à tort et à travers. Bien sûr qu’il faut manifester, protester pour faire aboutir ses revendications légitimes. C’est un droit reconnu. Mais il est aussi des façons de revendiquer, pour des raisons qui sont évidentes, qui sont inacceptables.
Comme celle de barrer les routes, alors que cela ne pénalise que le simple citoyen. Cela fait des années que des manifestants des quatre coins de la wilaya de Bejaia ont adopté cet instrument de pression pour, soit disant, faire plier les autorités sensées disposer du pouvoir de satisfaire leurs revendications. A de rares, très rares exceptions, cela n’a jamais abouti au résultat recherché. Si barrer les routes avait réglé quelque problème, on l’aurait certainement su. On barre les routes depuis si longtemps et si fréquemment que, normalement, tous les problèmes ont été réglés depuis et qu’il n’y aurait même plus de prétexte valable pour barrer la route !
Malgré ce perpétuel échec, les animateurs de ces mouvements de protestations, persévèrent dans l’erreur et se fourguent toujours dans cette impasse des routes barrées. C’est la seule chose qu’ils savent faire et ne leur demandez pas de trouver quelque chose de plus intelligent, ils ont autant d’imagination que les autorités locales, qui font semblant d’appeler au calme et de négocier, mais qui se fichent royalement de tout le monde. Preuve en est, Bejaia est presque bonne dernière wilaya en matière de développement. Preuve en est leur si peu d’empressement à prendre en charge les doléances des citoyens et leur lâcheté à  recourir à la force publique quand l’acte de manifester verse dans l’illégalité et la nuisance publique. Il ne s’agit pas d’un appel à réprimer les manifestants, qui ont tout à fait le droit de le faire, mais d’empêcher qu’une route soit fermée de force et selon le bon vouloir de quelques quidams qui veulent, dans cet exemple, fermer une décharge publique sur le champ et qui vont, encore une fois, fermer la route le lendemain parce que les services de nettoyage n’ont pas ramassé ses ordures parce qu’ils n’ont plus d’endroit où le jeter !