Bejaia a connu bien des walis, avec des caractères différents, allant de l’incompétent au dilettante, de l’empêcheur missionné au «monsieur 10% »  ou plus,  et du « baroudeur » au « fils de famille » ! Cela n’a rien changé à la donne, Bejaia continue de végéter dans son sous développement, de ruminer ses projets non lancés, inachevés ou gelés, et qui datent tous de l’ère mathusalem.
Le dernier wali en date, à peine l’année bouclée à la tête de l’exécutif, qu’il se voit propulsé ministre de la Jeunesse et des sports, sans qu’il ait vraiment le temps de laisser son empreinte. Les projets qu’il avait trouvé « en cours », il les laisse « en cours ». Son prédécesseur n’a pas fait long feu, lui aussi. A peine quelques mois et il a été vite dégommé pour s’être fait nombre d’ennemis, après qu’il eut secoué un peu trop vigoureusement le nid de bourdons, laissant les projets hérités en cours dans le même état !
Quel wali pour Bejaia ? Compétent, travailleur et de bonne famille, souhaiteront la plupart des honnêtes citoyens soucieux du devenir leur bien être et de leur région. Ils voudront qu’il mènent enfin à leur achèvement les projets en cours et en décrocher de nouveaux, bien sûr, mais surtout créer une dynamique qui restaurerait d’abord l’image de marque de Bejaia, en l’assainissant de ses scories, et ouvrirait des perspectives sur le plan de l’emploi, de la culture, du tourisme, etc. C’est le gage pour en finir avec cette idée bien ancrée d’une Bejaia singulièrement vouée à la marge par les pouvoirs publics, qui alimente une grogne sociale chronique dont le pays se passerait plus profitablement.
Il  devra pour cela affronter ou composer avec les différents lobbies qui se disputent les privilèges économiques et politiques dans la région, qui vont le scruter, le jauger et ne manqueront pas de se rappeler à son bon souvenir autant que nécessaire et aussi nocivement que de besoin. Quant aux citoyens, ils voudront d’abord qu’il ne fasse pas de promesses et qu’il tienne, ensuite et surtout, celles de son (ses) prédécesseur(s), en particulier les projets touchant directement sa qualité de vie, des besoins basiques à vrai dire, à savoir le raccordement au gaz et l’amélioration de l’alimentation en eau potable dans l’ensemble des communes, ainsi que l’hygiène et la propreté de l’environnement. Mais ce qu’il faut avoir à l’esprit, c’est que ce sont des « pré-requis » dont la portée va bien au-delà d’une appréciation sur la personne d’un haut fonctionnaire.
C’est  un gage pour le retour de la confiance de toute une population dans l’Etat national.