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Agriculture  :
Produire de la banane en Algérie, un vieux serpent de mer de retour

La culture de la banane est-elle possible en Algérie ? A Bejaia, des bananiers, on en voit, plantés à côté des portes d’immeubles et ils portent bien quelques régimes de bananes ! Ce sont de petits fruits, mais ils sont bien comestibles. En fait, nonobstant ces expériences de particuliers, la plantation de bananiers a été déjo envisagée dès les débuts de la colonisation en Algérie…

Auguste Chevalier, dans un article intitulé Contribution à l’histoire de l’introduction des bananes en France et à l’historique de la culture bananière dans les Colonies françaises (voir la revue Persee )apporte au lecteur un petit éclairage, dont voici quelques extraits :

«Lors de l’occupation française de l’Algérie, en 1830, on put constater que le Musa sapientum était parfois cultivé dans les jardins indigènes du littoral berbère pour ses fruits qui murissaient et se vendaient 

Couverture de la Revue Botanique appliquée d’agriculture tropicale. 1944

parfois en hiver sur les marché. La plante est nommée Mouza par les Arabes.

A partir de 1850 quelques colons songèrent à en développer la culture. Le jardin d’essais du Hamma s’en occupa; il introduisit même une bonne variété dite Bananier du Hamma, venue du Brésil dont le fruit parfumé et acidulé est absolument délicieux et bien supérieur à toutes les autres variétés connues en Algérie… A partir de 1860, quelques régimes de bananes en provenance d’Algérie arrivèrent de temps en temps en France.»

En fait, la culture du bananier n’a jamais pu s’imposer dans le paysage agricole algérien, même si le climat se présente comme favorable et que plusieurs variétés ont été tentées. Cette spéculation n’a pas réussie pour une raison bien simple, selon cet auteur, elle n’était pas suffisamment rémunératrice.

Après l’indépendance, l’idée de relancer la culture de la banane en Algérie date des années 80. Le fruit est si apprécié des Algériens que le pays en importe des quantités énormes. Quand l’État est riche, ça va, mais quand les finances du pays commencent à se resserrer, la banane disparaît vite du paysage fruitier national. C’est ce scénario qui s’est produit durant cette décennie là, ce qui a donné des idées à quelques uns. Quelques hectares ont été plantés, notamment du côté de Sidi Fredj, avec des résultats assez encourageant. Mais l’insécurité aidant, lors de la décennie 90, puis la libéralisation du commerce extérieur qui permit d’importer de la banane sans restrictions, balayèrent les espoirs de ces pionniers.

Comme l’histoire bégaie en Algérie, la banane est revenue en force avec les flots de dollars qui inondaient le pays dans le sillage d’un prix du pétrole à plus de 100 dollars. Puis de nouveau la crise, avec l’institution de quotas d’importation. Devenue très chère sur les marchés, certains pensent pouvoir faire revivre ce vieux projet. l’un d’entre eux est Mostefa Mazouzi, agronome et bénéficiaire d’une concession. Il a planté un hectare de bananiers à titre expérimental, mais son ambition est d’étendre cette culture sur plus de 2,500 hectares à travers le pays afin de pouvoir produire les 100,000 tonnes de bananes que l’Algérie importe annuellement pour environ 200 millions de dollars. C’est effectivement un bon pactole, mais encore faut-il pouvoir soutenir la concurrence. Il est en effet des plus douteux que le soutien de l’État puisse être accordé à une telle culture !


 

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