« La marche de l’espoir » à laquelle a appelé la coordination nationale des comités de soutien à Cevital a drainé, lundi 14 mai, environ un millier de manifestants entre élus, syndicalistes, travailleurs de Cevital et citoyens, tant de Bejaia que d’autres wilayas limitrophes.
Banderoles en mains, le cortège a entamé sa marche depuis le siège de Cevital et s’est d’abord dirigé vers le port de Bejaia pour exprimer toute sa désapprobation avec les agissements de l’Entreprise Portuaire de Bejaia (EPB), par qui toute l’affaire a commencé. Les manifestants se sont ensuite rassemblés devant le siège de la wilaya de Bejaia. Les animateurs du mouvement se sont succédés pour dénoncer le blocage du projet d’investissement dans une usine de trituration d’oléagineux du magnat de l’agroalimentaire Issad Rebrab par la direction générale de l’entreprise portuaire de Bejaia, soit une perte de plus d’un millier d’emplois pour la région.
Dans la foulée, ils ont stigmatisé la politique des deux poids deux mesures qui frappe l’entrepreneur kabyle, du moment que le groupe Kouninef est lui autorisé à réaliser un projet identique au niveau du port de Jijel. Ils dénoncent également la discrimination économique dont souffre Bejaia, sachant que cette wilaya  n’a bénéficié d’aucun projet structurants depuis longtemps, alors même que les anciens projets, cumulant un montant de 3.000 milliards de centimes, ont été gelés pour raison de difficultés budgétaires.
Outre le déblocage de ce projet, les manifestants ont revendiqué l’arrêt des poursuites judiciaires à l’encontre des membres de la Coordination engagées par la direction du port de Bejaia. L’affaire, entretemps, s’est alourdie d’un procès pour diffamation intenté par le PDG du port de Bejaia à l’encontre des membres de la coordination, qui devront se présenter encore devant le juge le 20 mai prochain.
Pour rappel, en mars 2017, la direction du port de Bejaia a, en effet , opposé un refus catégorique au débarquement des équipements de l’usine de trituration de graines oléagineuses de Cevital, sous prétexte que Cevital n’avait pas droit de réaliser son unité dans l’enceinte portuaire, pour défaut d’assiette foncière. Cette embûche sera levée par Cevital qui annonce avoir acquis un terrain hors zone portuaire où implanter son projet. L’EPB persiste dans son refus.
Plusieurs démarches sont entreprises, aussi bien par les élus de Bejaia qu’à travers les marches de soutien et de protestation organisées par  La coordination des comités de soutien,  qui a également  sollicité l’intervention des différents premiers ministres et adressé des lettres ouvertes au président de la république. Mais aucune n’abouti à débloquer la situation.