La campagne de récolte de liège est lancée et les travailleurs de l’entreprise Bejaia-Liège pourront enfin remonter sérieusement leurs manches et se mettre au boulot. Jusqu’ici, en effet, leur activité s’est notablement ralentie en raison du manque de matière première pour faire tourner à plein régime leurs équipements et répondre à la demande de plus en plus pressante de clients tant locaux qu’étrangers.

La perspective est d’autant plus souriante que, selon le Pdg de cette entreprise, M. Mohamed Himrane, la récolte prévue se présente sous les meilleurs auspices qui soient. L’an dernier, environ 60.000 quintaux seulement ont pu être cueillis, la baisse de la production étant imputable essentiellement aux incendies qui ont ravagé les forêts. Pour la présente année, les prévisions tablent sur une production de 90.000 quintaux,  peut être davantage dans le sillage de la prise de conscience des pouvoirs publics quant à l’importance économique de la forêt que de la nécessité de sa meilleure gestion tant pour améliorer sa productivité que pour préserver la richesse qu’elle représente.

Cette année, il est attendu que même les parcelles les plus difficiles d’accès seront exploitées. Il faut savoir en effet qu’un arbre commence à produire du liège de qualité supérieure, il est nécessaire de récolter le liège dit mâle, qui est d’une valeur marchande moins rémunérant. Les quantités de liège brut disponibles sur le marché seront ainsi plus importantes, ce qui signifie pour l’EPE Bejaia Liège un approvisionnement plus régulier et donc une meilleure productivité pour l’entreprise qui verra sa trésorerie prendre en conséquence des couleurs plus attrayantes.

Durant l’année 20017, les quantités fournies n’ont guère dépassé les 6.000 quintaux. 2016 a été, par contre, l’une des meilleures pour l’entreprise sur le plan des résultats financiers, grâce aux stocks de matière première dont elle disposait. Pour un fonctionnement « normal », précise M. Himarane, l’entreprise doit se pourvoir d’un minimum de 15.000 quintaux pour l’année pour pouvoir dégager une trésorerie positive. En fait, la demande du marché est largement s supérieure. « On se concentre sur le marché local, même si on exporte également de petites quantités. 

Un client d’Arabie saoudite nous a ainsi commandé cinq conteneurs/mois mais on ne lui fournit qu’un seul conteneur mensuellement à cause de l’indisponibilité du liège », explique le Pdg de l’EPE Bejaia Liège qui se désole que des opérateurs privés, pour contourner la législation qui interdit l’exportation du liège brut, se contente de le vendre sur les marchés extérieurs sous forme de granulé pour le plus grand bénéfice des transformateurs étrangers.

La filière liège, après avoir vécu une période de reflux qui a failli la faire disparaitre, est en train de remonter la pente, doucement mais sûrement. Outre les emplois, notamment en zones montagneuses, qu’elle fournit, c’est aussi un créneau porteur avec une demande croissante sur cette matière naturelle noble et est une bonne source de devises.

Le secteur des forêts a pris bonne résolution pour préserver, gérer et exploiter économiquement ces ressources. Il est nécessaire, comme devait le souligner Mohamed Himrane, de prendre le taureau par les cornes afin de développer l’activité et d’en faire une filière pérenne.