Occupant une crête qui surplombe le village de Laalam, le village Iaamaren fait peine à voir aujourd’hui, alors qu’il était plein de vie et d’activité. Mais les hordes sauvages qui ont déferlés durant la décennie 90 ont eut raison de ce bonheur simple des campagnards. Le hameau s’est dépeuplé et les vieilles masures de pierre livrées aux vicissitudes du temps et du rude climat qu’impose les monts de Tababort qui culminent à près de 2000 mètres d’altitude.
Deux décennies plus tard, le lieu n’a pu retrouver sa vitalité d’antan, réputé pourtant pour ses richesses hydriques et forestières, ainsi que ses potentialités en matière agricole. Toutefois, le désespoir n’est pas de mise, car au sein des jeunes commence à poindre une réelle volonté de revivifier le hameau et les terres de leurs ancêtres, aidé dans ce sentiment par le peu de débouchés, que ce soit dans l’administration, l’activité commerciale ou l’industrie, qui s’offrent à eux.
Leurs vieux parents, quand ils sont encore de ce monde, encouragent cette initiative après qu’ils aient été déçus par le peu d’intérêt qu’a suscité leur demande d’aide auprès des autorités pour restaurer leurs maisons, procéder à la réfection de la route menant au village ou à son branchement au réseau électrique.
Ces jeunes n’ont pas attendu pour montrer leur ferme détermination à valoriser leur patrimoine, malgré toutes les difficultés qu’on imagine dans cette géographie tourmentée. « L’eau ne manque pas. Le noyer et le prunier poussent en abondance ici !» , rappelle un paysan ahanant sur un sentier de chèvre pour remonter la charge de thym qu’il vient de cueillir. Iaamaren mérite, en effet, bien l’attention.
L’association Assirem Gouraya tente aussi, à travers les événements qu’elle organise, de sensibiliser autorités et citoyens pour mener des actions favorisant le désenclavement de la région et l’implantation d’activités dans le cadre de l’économie de montagne, à travers la pratique de l’agriculture, l’arboriculture,  l’élevage, l’artisanat et la réhabilitation des anciennes demeures, qui pourraient d’ailleurs servir de gîtes dans ce site favorable au tourisme écologique et sportif.
La direction des forêts, de son côté, encourage ce mouvement de retour et est prête à étudier toutes les doléances des habitants pour favoriser le réinvestissement des lieux, à la condition de na pas porter atteinte à la forêt et à l’environnement en général. La principale contrainte auxquels ces jeunes font face consiste dans l’absence d’une route pour accéder facilement à leurs terres afin de les exploiter et évacuer leurs produits agricoles pour les commercialiser.
« Nous n’avons pas besoin de l’Ansej, nous voulons nous prendre en charge nous-mêmes et nous en sommes capables. Nous avons juste besoin d’une route pour nous faciliter la tâche », dit l’un de ses jeunes comme s’il récitait une profession de foi. Un petit geste de Sonelgaz ne sera certainement pas de refus également. 

Source image : Association Assirem Gouraya