Laâlam, commune de Tameridjet (50 km environ à l’est de la ville de Bejaïa), est coincée entre les montagnes. C’est pourtant cette configuration singulière de sa géographie qui va favoriser la culture de la prune : riche en ressources hydrique, avec un sol drainant, bien exposée au soleil et suffisamment protégée du vent et du gel printanier. Le reste n’est plus qu’affaire de savoir paysan.

Nul ne vous dira comment ni qui a planté le premier prunier. Personne ne le sait. Ni comment ont été sélectionné les variétés produites, simplement désignées par la couleur du fruit : prune blanche, rouge ou noire, outre les prunes sauvages, petites et d’un jaune verdâtre ou d’un vert jaunâtre, c’est selon.
Le prunier a trouvé, dans la localité, les conditions idéales pour son épanouissement et, en contrepartie récompense généreusement les paysans qui l’entretiennent, tout comme le reste de leurs vergers, à la façon bio. La prune de Laâlam est réputée pour son goût exquis, de sorte qu’elle n’a aucune difficulté à se commercialiser sur les marchés de Bejaïa, Sétif ou Jijel.
Jusqu’à récemment, la prune de Laâlam, certes bien connue et appréciée du consommateur, n’était pas une star des médias. Il eut fallu une initiative heureuse de l’association Assirem Gouraya, qui a organisé une fête dédiée à ce fruit, avec l’ambition d’en faire une tradition bien ancrée. La sauce semble prendre, au regard de la réussite des différentes éditions de cette manifestation, qui draine producteurs, public et divers acteurs locaux. Cette année sera la troisième édition de cette manifestation qui se veut un prétexte pour booster le développement local. La providence a voulu que la production de prunes, cette saison, est des plus abondantes, selon les producteurs rencontrés sur place. A leur grande satisfaction, mais aussi à celle des commerçants qui auront ainsi du pain sur la planches pour de nombreuses journées encore. Sur place, la prune de petit calibre était proposée au détail à 50 dinars le kilogramme tandis que celle de plus gros calibre affichait les 100 dinars le kg.
Le revenu tiré de la culture de la prune peut valoir jusqu’à 500.000 dinars pour les producteurs moyens, une recette qui fluctue toutefois en fonction des quantités et de la qualité de la récolte.
La principale difficulté à laquelle sont confrontés les producteurs consiste dans l’impossibilité actuelle d’irriguer convenablement leurs vergers. La ressource hydrique est pourtant disponible, mais sa mobilisation reste problématique jusqu’à l’heure actuelle, en dépit des promesses faites par les services concernés. Cette situation déplorable a pour conséquence le dépérissement inévitable des vergers. Houari affirme ainsi que sur les 200 pruniers qu’il possédait, il ne lui en reste plus qu’une douzaine en production. Les pruniers, ajoute Nasser, sont également victimes d’une maladie sans que les producteurs ne sachent que faire pour y remédier, en l’absence de toute aide de spécialistes. Impuissant, il nous montre les arbres portant ces fruits qui se gâtent quand ils arrivent à maturité.
 
QUELQUES CHIFFRES : 
Le village de Laâlam consacre au prunier, sa culture de prédilection, près de 25 hectares, contre 45 hectares pour toute la commune de Tamridjet. La subdivision de Soulk El Thenine, qui englobe, outre la commune éponyme, celles de Tameridjet et de Melbou, a réservé près de 90 hectares à cette arboriculture, contre 350 hectares pour toute la wilaya de Bejaïa, selon les estimations de la DSA de Bejaïa.
La wilaya de Bejaïa reste toutefois un modeste producteur de ce fruit. En 2015, la production a atteint 14.900 quintaux dont 1.380 qx pour la seule commune de Tameridjet. Selon les statistiques du ministère de l’agriculture, le prunier, en Algérie, couvrait une superficie de 22.459 ha en 2011 pour une production supérieure à un million de quintaux.