La première association nationale de producteurs de safran, qui œuvre au développement de la culture de cette précieuse épice la plus chère au monde, vient d’être créée à Oran, ont annoncé ses responsables.

La création de cette association a été faite lors d’une assemblée générale constitutive qui a eu lieu à Oran, en présence de quelque 100 producteurs de safran représentant 25 wilayas, des représentants de la chambre de l’agriculture et de la direction des services agricoles d’Oran, ainsi que de plusieurs personnes intéressées par ce type d’activité agricole.

Cette rencontre a vu l’élection de l’agriculteur Abdallah Rouibi, de Khenchela, à la tête de cette association ainsi que les 22 membres composant le bureau exécutif de l’association.

Les producteurs de safran ambitionnent, à travers leur association, la création de coopératives réunissant tous les intervenants de cette filière afin de commercialiser ce produit algérien au niveau local et son exportation, a indiqué à l’APS Abdallah Rouibi, en marge des travaux de l’assemblée générale constitutive.

Ce producteur, considéré comme le premier agriculteur ayant introduit ce type de culture dans la wilaya de Khenchela, avec l’aide de l’Institut national de recherche dans les sciences forestières, sis à Alger, a souligné que “l’Algérie possède la meilleure qualité de safran et ce, d’après les analyses effectuées en France”, soulignant que ce type de culture était connu depuis fort longtemps et a été introduit en Afrique du nord par les amazighes à partir de Syrie, d’Iran et de la région du Cachemire.

M. Rouibi a indiqué que la quantité produite à travers le pays atteint, actuellement, 50 kilogrammes de safran pur, une quantité appelée à augmenter l’année prochaine pour atteindre les 150 kilos, ajoutant que cette filière permet la création de nombreux postes d’emploi, notamment dans la cueillette et l’extraction des filaments de safran.

Selon M. Rouibi, qui a partagé son expérience dans 25 wilayas du pays et formé quelque 500 agriculteurs, “qui ont tous réussi”, le prix du kilogramme de safran pur atteint les 4,5 millions DA en Algérie et 45.000 euros en Europe.

De son côté, Chikhi Aïssa, qui a eu une expérience réussie à Aïn Fezza, dans la wilaya de Tlemcen, a indiqué que la création de la “Maison du safran algérien”, qui fait partie des ambitions de producteurs, permettra de recenser toute surface produisant ce type d’épice aromatique et de déterminer la quantité produite, signalant que “l’Algérie a les capacités de réaliser une grande production, sachant que le safran est produit dans les zones sèches et semi-sèches et n’a pas besoin d’eau”.

La Maison du safran aura également pour mission de faire connaître ce produit au consommateur algérien, qui ignore l’existence du safran algérien, et encourager les jeunes à rallier ce type de produits agricoles, a expliqué M. Chikhi, qui a aidé les femmes rurales de la wilaya de Tlemcen à se lancer dans ce type d’activité agricole.

A ce propos, Latifa Korso Fessiane, qui a expérimenté la production du safran à Tlemcen, a indiqué que “le safran est une ressource essentielle pour la femme rurale pour l’augmentation de ses revenus. Il est aussi considéré comme une activité féminine à part entière, car la cueillette des fleurs et l’extraction des filaments nécessitent du doigté et une délicatesse féminine”.