Cultivé essentiellement dans l’Ouest du pays et surtout dans la région des Hauts plateaux et sur de grandes superficies, le Safran qui s’adapte à plusieurs types de sol à condition qu’il soit bien drainé et qui n’est pas gourmand en eau, peut aussi être produit dans une zone de montagne et c’est le défi que se sont lancés des producteurs de la wilaya de Tizi-Ouzou.

C’est le cas de l’agriculteur Hammani Farid qui a réalisé cette année une première plantation de 30 kilos de bulbes de safran sur une parcelle de 500 m2 au village Ath Lahcène, dans la commune de Béni Yenni, à environ 900 mètres d’altitude, pour tenter l’expérience de cette culture dans cette localité du Djurdjura, a indiqué le responsable de la subdivision agricole d’Ath Yenni, Rachid Djouadi.

Selon M. Djouadi, cette safranière est l’une des premières à l’échelle de la wilaya. «La subdivision agricole va accompagner l’agriculteur Hammani Farid et suivre l’évolution de cette plantation afin d’apprendre les exigences de cette culture ainsi que les méthodes de récolte et séchage des pistils, et ce en prévision de la généralisation de cette filière qui est nouvelle dans notre région», a-t-il dit.

Pour encourager cette filière, l’Institut de technologie moyen agricole spécialisé en agriculture de montagne (ITMAS) de Boukhalfa (Banlieue ouest de Tizi-Ouzou) a créé, en septembre dernier, un site de démonstration de culture de safran en zone montagneuse au sein de ce même établissement, a indiqué la responsable de la cellule de conception des programmes, Hini Nadia.

Pour les besoins de ce projet expérimental, l’association safran de Tiaret a offert à l’ITMAS de Tizi-Ouzou un kilo de bulbes et a aussi partagé avec ses formateurs, qui ont déjà suivi une session en avril dernier sur cette culture, de précieux conseils sur la conduite d’une safranière, a-t-on ajouté de même source. Cet Institut de formation agricole, qui prévoit une autre formation sur la conduite d’une safranière (plantation, récolte, séchage), au profit des cadres du secteur, ambitionne de contribuer, par cette démarche, au développement de la filière du safran dans la wilaya de Tizi-Ouzou, en sensibilisant les agriculteurs à se lancer dans la culture de l’Or rouge, a ajouté Mme Hini.

Sur le marché national, un gramme de safran coûte s 4 500 DA l. C’est une épice très demandée par les marchés européens, où le kilo de pistils séchés est écoulé entre 30 000 et 40 000 DA, ainsi que par les des pays du golf .

Il faut quelque 200 fleurs, devant être récoltées à l’aube pour préserver tout le parfum du produit, pour obtenir un gramme de pistils qui, une fois séchés, perdent entre 80 et 90% de leur poids. La plantation du bulbe se fait entre août et septembre et la récolte au bout de 45 jusqu’à 70 jours.