Le consommateur subit une attaque généralisée contre son pouvoir d’achat. Dernier assaut en date, le prix du poulet qui flirte avec les cimes, s’affichant ostensiblement à 400 dinars le kilogramme, et même au delà. S’il est déjà rôti, il faut débourser 700 à 750 dinars. C’est l’alarme, car la viande blanche était le dernier recours qui restait à un consommateur rebuté par les prix de la viande rouge, ovine ou bovine, et du poisson, y compris quand il est congelé.

La principale raison avancée est le déséquilibre entre l’offre et la demande, qui donne l’opportunité aux spéculateurs d’augmenter confortablement leurs prix. La baisse de l’offre, selon les estimations, atteindrait jusqu’à 100.000 tonnes par rapport aux quantités habituellement mises sur le marché, hors saison estivale. C’est d’ailleurs habituelle que durant cette période s’envole les prix. Selon les explications généralement admises, durant l’été, les éleveurs de poulets de chair réduisent ou interrompent carrément leur activité pour éviter une mortalité accrue avec les grandes chaleurs, ne disposant pas d’installations adaptées à ces conditions climatiques. Cette situation est conséquente au fait que la filière est animée par de petits éleveurs, sans grands moyens et sans compétences avérées, activant généralement dans l’informel.

La filière avicole en Algérie peut se targuer d’avoir près de quatre décennies. Sans remettre en cause les progrès accomplis sur le plan quantitatif, il n’en demeure pas moins que les insuffisances sont criardes, sans que des solutions ne soient préconisées par les autorités. Ainsi,tous les intrants consommés par la filière sont importés. Qu’il s’agisse d’équipements, d’aliments ou de médicaments, les élevages dépendent entièrement des marchés extérieurs, ce qui les rend très vulnérables aux aléas de l’approvisionnement et réduit sensiblement la valeur ajoutée locale. Sans oublier que les éleveurs font face à des difficultés bancaires quand il s’agit de financer leurs élevages.

Réguler la production, à l’instar de ce qui a été fait pour la pomme de terre, est un bon moyen pour stabiliser les prix à un niveau suffisamment rémunérateur pour les producteurs et tout aussi abordables pour les consommateurs. Cela permettra également d’envisager le développement de la filière dans la perspective de conquérir des parts de marché à l’international, que ce soit en Europe ou en Afrique. Pour l’heure, toutefois, il n’y a aucun signe qui augure d’une telle politique.