En 2008, le royaume chérifien lançait son Plan Maroc Vert et, dans ce cadre, le cactus a été promu au rang d’une filière importante, projetant d’augmenter les superficies qui lui sont réservées et d’améliorer la production de ce végétal.
Selon un récent rapport publié par l’INRA marocain, l’objectif assigné, 160.000 hectares à l’horizon 2020, est d’ores et déjà atteint et « la filière est devenue lucrative et créatrice d’emplois de proximité, générant ainsi des revenus importants pour le monde rural par la commercialisation des récoltes, la valorisation des fruits et de ses déchets, et la fabrication des produits à haute valeur ajoutée ».
Toutefois, alertent les rédacteurs du rapport, « la pérennité de cet écosystème est gravement menacé après l’apparition d’un ravageur, invasif et destructeur, Dactylopuis Opuntiae,une cochenille très spécifique au cactus, dont la première apparition a été signalée en 2014. « Les attaques de ce redoutable ravageur, avertissent-ils, « sont rapides et imprévisible et, par conséquent, la destruction des superficies plantées s’étend de manière inquiétante ».
Un plan de lutte a été rapidement mis en place et les actions d’urgence ont consisté à procéder à des traitements chimiques, à l’arrache et l’enfouissement des pieds infestés. Parallèlement, une équipe de chercheurs de l’INRA et du Centre internationale de recherche agricole dans les zones arides s’est attelée à identifier et sélectionner les variétés ou clones résistants à cette cochenille pour servir à la reconstitution des plantations détruites. huit génotypes résistants ont été sélectionné au bout de cette étude et inscrite en 2017 au catalogue officiel marocain. Il s’agit des variétés dites « Marjana », « Belara », « Karama », « Ghalia », « Angad », « Cherratia », « Melk Zhar » et « Aakria ». 

Les huit variétés de cactus marocain.

Outre leur résistance, ces variétés ont des caractères intéressants, qu’elles ne partagent pas toutes, décrits ainsi : vigoureuse, robuste, très productive, très bonne qualité organoleptique et fourragère, maturité entre juillet à fin août, cladodes inermes (sans épines) à utiliser comme fourrage, très épineux et très riche en azote pour le bétail, épineux et sensible à la sécheresse, fruit juteux, très sucré et savoureux, riche en vitamines et antioxydants, peu acidulé et très sucré,  fruit trop acidulé et peu sucré dont la maturité s’étale de septembre à janvier, apprécié par les diabétique.
Grâce à ce travail, et à la multiplication de ces variétés par les pépiniéristes, les paysans marocains peuvent ainsi remplacer les sites infestés ou dévastés par la cochenille et renouer avec une activité lucrative.

Pour l’heure, aucune alerte n’a été lancée dans notre pays, mais l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) avait averti et appelé,  l’an dernier,  aussi bien l’Algérie que la Tunisie, à agir rapidement pour prévenir la contamination par l’interdiction de l’introduction de cactus, le renforcement du contrôle des frontières et de préconiser d’ores et déjà des actions de lutte en cas, probable, d’introduction de la cochenille.