L’évolution digitale et le développement de l’e-commerce impliquent d’importants changements dans nos habitudes de consommation. Certains nous sont évidents, mais d’autres en revanche  sont indécelables et se traduisent par de simples gestes du quotidien dont nous ignorons la profondeur.
 
La disponibilité de l’information en temps réel induit le premier changement majeur dans notre comportement: l’indécision face à la complexité du choix: entre les caractéristiques du produit, le prix, et les innovations interactives qui fragmentent et sous-fragmentent les catégories de produits et services, analyser autant de données est une tâche cognitive complexe que notre cerveau ne peut gérer, la décision devient alors difficile, et engage plus de temps.
Le pré-achat: la décision de consommer est prise avant de se déplacer aux magasins, même les achats qualifiés d’impulsifs, sont en fait le fruit d’une préférence inconsciente dûe dans la majorité des cas, à une exposition aux différentes communications qui ciblent le prospect et l’incitent à consommer. Cet espace virtuel connectant une infinité d’acteurs économiques aussi petits ou grands soient-ils, engendre des influenceurs et des influencés.
Le prospect ne fait plus la distinction entre internet et la vie “réelle” lorsqu’il s’agit d’un achat, considérant l’ensemble comme un seul marché: il utilise le canal digital pour s’informer, dépasser les contraintes liées au déplacement et pallier à l’absence de choix, les magasins physiques en revanche lui servent à toucher, essayer et évaluer le produit.
 Ces changements de comportement influencent à leur tour les magasins qui choisissent des superficies plus petites pour l’emplacement d’exposition, et concentrent leurs efforts sur l’expérience client, favorisant la proximité digitale à travers les réseaux sociaux, sites web, et applications.
Une étude d’Ipsos a démontré qu’en communiquant sur Internet, un commerçant multipliait par 3.5 le temps que passe le consommateur dans son magasin, les ventes en ligne représentent environ 25% des ventes d’un commerçant (ventes en magasin + ventes en ligne= ventes globales),
60% des consommateurs prospectent en ligne avant de d’acheter en magasin, contre 27% qui prospectent en magasins avant d’acheter en ligne.
Le commerce en ligne n’a jamais été aussi pratiqué qu’à l’heure présente, et en parallèle, les magasins physiques sont toujours bondés, nous sommes donc en raison de nous demander ce qui séduit le plus le consommateur. Après les données chiffrées dévoilées par le Pionnier de l’e-commerce Jumia, quelle serait la conclusion à assimiler pour développer son activité ?
 Aujourd’hui, 90% du chiffre d’affaires des commerçants est réalisé en magasins physiques. Les prospects préfèrent tester le produit, le récupérer immédiatement, et limiter les risques de déception, et ce, même si 6% seulement des consommateurs déclarent éprouver encore du plaisir à se déplacer pour effectuer leurs achats, y voyant un divertissement et une occasion de sortir en famille ou entre amis. L’e-commerce en revanche, séduit pour sa praticité, les prix proposés, le large choix qu’il offre, et une information disponible en temps réel.
Le client veille à communiquer son expérience quelle que soit l’origine de l’achat, il éprouve le besoin de partager son avis sur internet, et influence donc à son tour, de futurs acheteurs potentiels. En effet, 43 % des consommateurs choisissent internet pour donner leur avis, et 28% y laissent leurs impressions après l’utilisation du produit ou service.
L’idéal serait donc d’allier les avantages d’un point de vente physique, à ceux d’internet, et de maximiser l’impact de son message en se rapprochant du consommateur,  et c’est là qu’apparaît la notion des commerces “hybrides”.
Les pourcentages de prospection digitale avant achat en magasins physiques diffèrent d’un secteur à un autre, même s’ils ont tous en commun la tendance du consommateur à slalomer entre les deux, pour les produits électroniques par exemple, 63% des consommateurs se renseignent sur internet, 64% comparent les prix (toujours sur internet), 55% achètent en magasins, et 70% donnent ensuite leurs avis sur la toile. Pour l’habillement en revanche, le constat est différent: 65% se renseignent en magasins, 80% comparent en magasins, 75% achètent en magasins, et 57% donnent leurs avis sur internet.
Il y a cependant un secteur où le digital prime: le tourisme, la prospection se fait sur internet à la hauteur de 74%, la comparaison sur internet à 87%, l’achat toujours sur internet à 66%, et le partage d’expérience à 75%, l’on constate donc que c’est le seul achat dont toutes les étapes se font de façon digitale.

 Il est désormais clair que le consommateur distingue le virtuel qu’il considère comme source d’informations et d’inspiration, du le tangible qu’il perçoit comme source de sécurité, cela explique que plus l’achat est réfléchi, plus il aura tendance à privilégier les magasins physiques. Aspirant à simplifier son quotidien et à optimiser la gestion de ses ressources, il n’hésite plus à exprimer clairement ce qu’il désire, et à partager son mécontentement.