Plus de 820.000 hectares de plantations ont été réalisés à ce jour dans le cadre du Plan national de reboisement (PNR) depuis le lancement de ce projet en 2000, a indiqué lundi à Alger le Directeur général des forêts (DGF), Ali Mahmoudi.

«Depuis le démarrage du PNR il y a 18 ans, une superficie globale de 820.000 hectares de plantations a été réalisée à travers le pays, atteignant ainsi 66% des objectifs de reboisement tracés par le gouvernement et qui devrait atteindre 1,2 million d’hectares en vingt ans», a indiqué M. Mahmoudi, lors d’une conférence de presse, tenue en marge d’un atelier intitulé Bilan du PNR et perspectives dans le cadre des changements globaux organisé au siège de la DGF.

Ce plan portant sur un objectif global de reboisement de 1,245 million ha à réaliser à horizons 2020 ans, à raison de 60.000 hectares annuellement, comprend « le reboisement industriel à base de chêne liège (75.000 ha), le reboisement de production (250.000 ha), le reboisement de protection des bassins versants et la lutte contre la désertification (895.260 ha) ainsi que le reboisement d’agrément et récréatif (25.640 ha), a-t-il énuméré.

Le premier responsable de la DGF a également évoqué la prochaine stratégie forestière nationale 2020 -2030 qui devraient s’étendre sur une décennie.

« Nous allons travailler sur des plans de 10 ans au lieu de 20 ans afin de mieux maitriser la situation par rapport aux changements climatiques et socioéconomique du pays », a-t-il expliqué, soulignant que l’objectif de cet atelier était justement de faire le bilan sur les réussites et les échecs du PNR et d’en tirer des leçons.

Interrogé sur l’ouverture de l’investissement forestier au secteur privé, ce même responsable a assuré qu’il y a des chances qui se présentent pour les investisseurs nationaux dans ce secteur à travers le développement des arbres forestiers et des plantes médicinales. « L’Etat accorde des concession de 90 ans pour le premier et de 40 ans pour le second », a-t-il précisé.

Par contre, pour les plantes aromatiques et médicinales, l’investisseur doit présenter en parallèle des projets comportant la plantation des arbres et des plantes en intercalaire afin de pouvoir bénéficier de terrains.

M.Mahmoudi a cité des exemples de projets réussis par des investisseurs privés, notamment la plantation de géranium à Tlemcen sur 7,5 hectares pour une production de 70 litres par an destinée à l’exportation et dont le prix avoisine les 20.000 dinars/litre. Egalement, la production de l’huile de figue de barbarie à Souk Ahras qui s’exporte à 1.000 euros le litres. Il a même cité des investisseurs qui ont proposé la plantation d’espèces à croissance rapide.

Le premier responsable de la DGF a rappelé qu’auparavant la loi ne permettait pas l’investissement dans le domaine forestier (en citant la loi 84 -12 de l’article 14).

Mais à partir de 2001, l’Etat a autorisé l’exploitation d’un périmètre de 72.000 hectares au niveau national consacrés exclusivement à l’investissement agricole.

« La priorité a été accordé aux habitants des forêts et aux riverains », a-t-il tenu à souligner.

Quant au total de superficies attribués à ce jour, ils ne dépassent pas 39.000 hectares, selon ce même responsable, justifiant cela par l’insécurité de certains périmètres dont l’accès était encore risqué.

Ce même responsable a également évoqué l’investissement dans les forêts de loisirs autorisé depuis le décret de 2006, avançant qu’à ce jour, il existe 132 forêts de loisirs à travers 29 wilayas du pays dont 28 seulement ont été attribuées aux investisseurs privés ».

Sur la rentabilisation des 24 pépinières publiques existantes sur le territoire national, le même responsable a fait part d’un projet qui consiste à faire contribuer ses pépinières de reproduire les plantes menacées de disparition.

Le travail doit se faire avec les institutions de recherches tels l’Institut national de recherche forestière.

A propos du patrimoine forestier national estimé à 4,1 millions ha, le Directeur général de la DGF, a considéré que ce chiffre qui date de 2008 devrait être actualisé.

Dans ce cadre, il a annoncé un travail commun entre l’Agence spatiale algérienne (Azal) et le bureau d’étude Bneder (spécialisé dans d’études et enquêtes dans le secteur agricole) pour faire l’inventaire forestier national.

Il a rappela qu’avant la colonisation, le patrimoine forestier de l’Algérie comptait 5 millions d’hectares. Il a été réduit à 3 millions hectares en 1962 et puis porté à 4,1 millions d’hectares actuellement.