L’organisateur du festival de Djoua, à Bejaia, l’homme de culture et homme d’affaires Boubekeur Khelfaoui, a créé un autre événement. Il est intitulé le Festival des continents au fort de Querqueville à Cherbourg. La plus grande ville du département de la Manche en Normandie. Il y a pensé après l’acquisition en 2017 de ce monument historique. Il a lancé, dans la foulée, l’association du Fort de Querqueville. Le pari, osé, est réussi ; en témoignent les comptes rendus favorables des médias. Et pas des moindres : Mediapart, Libération.

A la fin de cette manifestation, organisée, la deuxième semaine de juillet, nous avons pris attache avec Boubekeur Khelfaoui pour faire le bilan de ce Festival des Continents, qui en est à sa première édition. Et auquel d’importantes délégations étrangères, algériennes et africaines notamment, avaient pris part. Le festival étant dédié à l’Afrique. Au programme, des expositions (artisanat et gastronomie), des concerts et des conférences.

L’événement, organisé sous le haut patronage de l’Unesco a indiqué M. Khelfaoui, a vu la participation de quelque 25 délégations africaines. Mais aussi des stars internationales africaines. L’Algérie y a participé avec une très importante délégation, a tenu à préciser Boubekeur Khelfaoui. Ce qui témoigne de l’intérêt qu’accorde le pays d’origine du maître de cérémonie à ce type d’événement.

Parmi les vedettes ayant pris part au festival, l’organisateur y a cité le « percussionniste et interprète burkinabé Koto Bawara, le virtuose malgache Rajery, qui avait fait un triomphe au Festival de Djoua en 2011, le baryton de chants berbères Azal Belkadi, l’Orchestre du Cotentin de Normandie, Djamel Allam, la star du ghawi Djam (ex-Djimawi Africa), le chorégraphe et conteur congolais Jean-Aimé Kifoula, le groupe féminin de chant touarègue, Les filles de Illighadad (Niger), le chanteur sénégalais Neega Mass, la vedette malienne Oumou Sangaré, le groupe marocain Gabacho. »

Le meilleur avait été laissé pour la fin. En effet, c’est le saxophoniste et chanteur de jazz camerounais, Manu Dibango, qui avait animé le concert de clôture.

Pour le côté exposition, « une grande partie du patrimoine africain y a été exposé pendant quatre jours. » Le public, nombreux, a pu découvrir les spécialités artisanales et culinaires de certains pays tels que l’Algérie, le Bénin, le Ghana, le Cap Vert, le Sénégal, les Comores, le Burkina Faso, le Gabon, la Guinée ou encore le Mali.

Le festival a été marqué en outre par de nombreuses conférences, a indiqué M. Khelfaoui. « On a surtout voulu mettre en avant la place du patrimoine culturel immatériel dans la sauvegarde des valeurs culturelles. L’histoire de l’Afrique a été ainsi revisitée. » Ainsi, une conférence sur la coopération afro-japonaise dans le domaine de la culture a pu montrer que l’Afrique est un continent ouvert sur son avenir.

Les femmes étaient également à l’honneur durant le festival, qui intervient dans un contexte de lutte pour l’égalité homme/femme. Le président du Festival de Cherbourg a indiqué que l’on a insisté sur le rôle des femmes africaines pour l’avenir du continent surtout dans les activités économiques et politiques. Bien qu’elle soit une actrice clef du développement, on est conscient du fait que la femme doit faire face à des barrières culturelles importantes, a déclaré en substance Boubekeur Khelfaoui. Il se dit confiant car « l’émergence d’un véritable leadership féminin moderne sur le continent africain n’est plus à démontrer. » C’est une tendance, qui va aller crescendo et transformera inévitablement les sociétés en changeant les attitudes.