Dans le cadre de son travail de mémoire, l’association Med-Action organise, en collaboration avec l’association GEHIMAB, à Akbou, le 5 Avril 2018, un colloque scientifique avec pour thème « Timεemmert Ouboudaoud à Djebel Nour : Un prestigieux Institut supérieur dans la haute Vallée de la Soummam ! ».

Une dimension scientifique sera donnée à cette rencontre, à travers des communications académiques où sera dépoussiéré un pan de l’histoire lointaine de la Soummam qui était, décidément, un lieu d’éclosion d’un savoir rayonnant au temps des ténèbres. L’équipe de chercheurs, qui a travaillé sous la direction du professeur Aissani Djamil, a brillamment essayé de remonter le fil de cette histoire, en allant sur les traces de ces Ulémas-savants qui venaient de partout pour semer, avec fougue et abnégation, les graines du savoir et de la science.

Il faut dire que les ZawiyyaInstituts (Timεemmert ou bien Mεamra) de la Vallée de la Soummam ont joué un rôle fondamental dans l’enseignement et l’activité intellectuelle en Algérie. En particulier, celle des Ouboudaoud à Taslent était considérée comme étant « l’un des centres de diffusion des sciences, de la théologie, de la grammaire, de l’astronomie et de l’arithmétique les plus importants de tout le Pays Zwawa, jusqu’à Constantine à l’Est, Laghouat au Sud et Médéa à l’Ouest » (cf. El Hafnaoui, Ta`rif, 1907).

Le premier objectif de ce colloque sera d’identifier tous les espaces concernés qui appartiennent à ce que l’on appelle encore de nos jours Djebel Nour – Mont de lumière. Nous mettrons l’accent sur le rôle pionnier joué au XIXe siècle par le célèbre Qanoun (règlement, charte) du village de Taslent dans le processus de« codification » du droit coutumier kabyle.

La deuxième partie concernera le fonctionnement de la Zawiyya – Institut historique qui se distinguait par la spécificité de son projet pédagogique (enseignement et spécialisation). Une enquête de terrain permet de bien comprendre ce qu’en était la vie quotidienne des Talebs. Nous reporterons, en particulier, la fameuse Qasida « Ghawssiyya » qui était récitée chaque matin en cette époque.

La troisième partie mettra en avant l’audience et l’influence de l’institution, notamment en présentant ses annexes (à Bordj Bou Arreridj et à M’sila), mais, surtout, en cernant le réseau mis en place vers Diss, Bou Saada, Ouled Djellal, … Le niveau scientifique et pédagogique atteint pourra être apprécié à travers la présentation de quelques anciens élèves devenus célèbres (al-Hamili, al-Hafnaoui, Abdelkrim Laagoune,).

Une analyse du contenu de la Khizana (bibliothèque) de manuscrits permettra de cerner le savoir qui était à la disposition des érudits à cette époque.

Dans la quatrième partie, nous analyserons le style architectural des édifices de l’institution et discuterons de l’opportunité de constituer un dossier de classement (inventaire supplémentaire des biens culturels de la Wilaya de Béjaïa) et surtout de la possibilité d’en faire un « patrimoine actif » (du point de vue socio-économique).

La dernière partie concernera le rôle historique joué par cette Zawiyya-Institut lors de la Guerre de

Libération Nationale. En particulier, nous nous attarderons sur les liens de Cheikh Saïd Ouboudaoud avec le Colonel Amirouche, Chef de la Wilaya III.

Par ailleurs, mettant sous les feux de la rampe des faits et événements non anodins, avec la contribution d’historiens, d’universitaires et de journalistes, l’association Med-action sortira aussi le troisième numéro de la revue « Mémoire ».