L’APW de Bejaia a lancé un concours du village et du quartier le plus propre de la wilaya de Béjaïa. Doté d’une récompense d’un montant total de 1,5 milliard de centimes, cette compétition associe les acteurs institutionnels, les opérateurs économiques, la société civile à travers ses associations et le simple citoyen, pour créer une certaine synergie dans la prise en charge des déchets ménagers et plus, généralement, de la protection et l’amélioration de l’environnement.

Cette problématique est en effet cruciale dans la wilaya de Bejaia où pullulent les décharges sauvages et se multiplient les atteintes à l’environnement. Si le reste du pays n’est pas mieux loti en la matière, la gestion des déchets est bien plus complexe à Bejaia, qui ne disposent pas de CET ni d’entreprises de collecte. Ce n’est pas faute de volonté, mais l’opposition des citoyens à toute implantation de décharge complique singulièrement la tâche des autorités locales également confrontée à une réglementation bureaucratique qui ligote son action.
Ainsi, la commune de Bejaia a bien essayé de mettre en place une EPIC chargée du nettoyage et de la collecte de la ville, en mettant généreusement la main à la poche. Elle a même acquis le matériel nécessaire, mais jusqu’à l’heure actuelle, cette entreprise n’est pas autorisée à activer. Selon le président de l’APW, Mhenni Haddadou, Bejaia a urgemment besoin de trois centres d’enfouissement technique (CET), d’aller vers le tri sélectif et de réaliser un centre de traitement et de valorisation des déchets. 
C’est cet impératif, devant la dégradation avancé de la situation, qui a poussé l’APW à organiser ce concours, s’inspirant de l’expérience remarquablement réussie dans la wilaya de Tizi Ouzou. Dans ce même élan, l’APW a pris résolution de n’accorder de subventions, en priorité, qu’aux associations qui portent des projets s’inscrivant dans la protection de l’environnement, le développement durable, l’entrepreneuriat social, la démocratie et la citoyenneté active, ainsi que l’éducation et les droits des enfants. 
Ce concours, qui porte le nom de Djamel Allam en hommage à l’artiste récemment décédé, veut ainsi débloquer une situation désastreuse et créer une concurrence positive entre villages, entre quartiers, d’autant que le prix qui récompenseront les différents lauréats, cinq au total, pourra être utilisé librement par leurs bénéficiaires dans la réalisation de projets qui intéressent en priorité la communauté.
Une commission où sont représentés les différents acteurs (administration, élus, comités de village et citoyens) aura la tâche de départager les concurrents sur la base de critères bien précis qui seront évalués par ses membres. Sans aucun doute, l’initiative est à encourager, en souhaitant qu’elle soit adoptée par les premiers concernés, les citoyens, et qu’elle rappelle à leur bon souvenir les traditions ancestrales qui ont fait du village kabyle un lieu où il faisait bon y vivre, dans le respect de l’autre et de la nature.