Après avoir annoncé son intention de favoriser le partenariat public/privé dans les fermes pilotes qui relèvent du domaine étatique, l’Algérie compte s’ouvrir aux investisseurs étrangers en leur accordant directement des concessions, afin der développer davantage sa production agricole et réduire la facture alimentaire.
Le gouvernement avait déjà permis des partenariats entre le privé algérien et étranger, mais la concession était accordée au premier. Cette formule n’a pas réussi à créer d’engouement, en dehors de quelques rares exemples. Il faut également rappeler que l’ouverture au capital privé des fermes pilotes connaît également des difficultés sur le terrain, avec l’opposition des travailleurs de ces fermes, à l’instar de ceux de la wilaya de Bouira qui ont publiquement exprimé leur conviction de l’inutilité d’une telle opération.
Malgré les multiples avantages dont bénéficie le secteur agricole, celui-ci est demeuré incapable de satisfaire les besoins nationaux, notamment en matière de céréales, une insuffisance qu’elle compense en s’approvisionnant sur les marchés extérieurs. Le pays, l’un des plus grands importateurs mondiaux de cette denrée, a ainsi acheté en 2017 près de 8,4 millions de tonnes de céréales, déboursant pour cela 1,7 milliards de dollars.
Toutefois, l’Algérie s’attend à une récolte céréalière record cette année, après l’exceptionnelle pluviométrie qu’elle a enregistrée, ce qui lui permettra de réduire ses recours à l’étranger. Le gouvernement ambitionne de s’auto-suffire en blé dur à l’horizon 2020, et compte porter sa production de céréales à 5,3 millions de tonnes en 2022 contre 3,5 millions de tonnes en 2017.
Elle compte également booster sa production de lait et de viandes, notamment, et s’affaire à cet effet d’étendre les superficies irriguées qu’elle veut porter à deux millions d’hectares en 2019, contre 1,3 million d’hectares actuellement.