Certes, les vastes plaines lui font défaut pour prétendre se tailler une vocation purement agricole, mais avec la remarquable diversité de ses terroirs, Bejaïa dispose indéniablement de précieux atouts pour développer sur son territoire une palette d’activités agricoles qui peuvent lui permettre de se tracer un avenir dans ce créneau.

Le dynamisme est d’ailleurs perceptible puisque Bejaïa peut se targuer de fructifier sur son territoire des produits variés avec, pourtant, des moyens  et un soutien pas toujours suffisamment à la hauteur ni des ambitions des agriculteurs ni même des potentialités qu’elle recèle notamment en matière de production d’huile d’olive, de figues ou dans l’élevage.
Les entrepreneurs ne s’y sont pas trompés d’ailleurs en y privilégiant l’investissement, de sorte que, aujourd’hui, l’agroalimentaire est la branche industrielle la plus visible au double plan local et national. Ce constat a été fait par les pouvoirs publics, qui ont, dans leur plan de spécialisation régionale, estimé que Bejaïa devait être confirmée dans cette trajectoire.
Reste que le reste ne suit pas avec la célérité souhaité par les populations locales. Et s’il est un manque à relever en premier, c’est bien dans le déficit de la politique publique en matière de développement de l’agriculture de montagne.
Le relief couvre quasiment 50% du territoire de la wilaya. Ces espaces ne sont ni désertés ni atones. Bien au contraire, ils ont su conserver non seulement un certain dynamisme, quand cela était possible, mais aussi préserver les savoirs faire ancestraux que les agriculteurs, aujourd’hui plus au fait des techniques modernes, tentent d’enrichir et de faire évoluer.
Cette économie, aujourd’hui marginale, a besoin d’un coup de pouce pour que sa contribution acquière un poids suffisamment significatif. C’est à tort en effet que l’on considère l’agriculture montagnarde, une agriculture principalement familiale, comme un boulet ou, au mieux, un vestige voué à disparition. Les exemples sont nombreux de part le monde, qui apporte la preuve du contraire.
Les zones de montagnes, insérées dans une politique de développement qui ne néglige et ne dédaigne aucune source de richesse, fut-elle des plus insignes, peuvent, au lieu de se poser en aléa, retrouver leur ancienne fonction nourricière et contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations locales, tout en ouvrant une fenêtre d’opportunités pour une palette d’activités, par exemple dans l’exploitation du bois, l’artisanat ou le tourisme… Pour cela, il faut d’abord cesser d’en faire une montagne et prendre conscience que les populations qui maintiennent en vie ces espaces méritent de prendre une part dans le développement du pays.